6 leçons de développement personnel enseignées dans Harry Potter ⚡️

Harry et le monde des sorciers sont mes compagnons de voyage et de développement personnel depuis que j’ai neuf ans. Vingt ans plus tard (ou presque), je continue à considérer cette saga comme une oeuvre majeure de la construction de mon identité et de mes valeurs. Au-delà d’un univers fantastique d’une époustouflante richesse, de l’inconstestable talent d’autrice de J.K.Rowling, et des valeurs d’amour, d’amitié et de courage véhiculées dans la saga, Harry Potter est pour moi un manuel de développement personnel. À travers cet article, je souhaite partager avec vous six enseignements de développement personnel semés au fil des tomes (⚠️ spoiler alert !).

1. Une Pensine pour méditer

Quel citadin actif, esprit tourmenté ou coeur brisé n’a pas un jour rêvé d’appuyer sur le bouton « off » de ses pensées et se libérer d’une charge mentale devenue par trop encombrante ? Dans le monde des sorciers, c’est possible si l’on a une Pensine : un récipient en pierre dans lequel le sorcier déverse les pensées qui le tracassent afin de libérer son esprit.

Le Professeur Dumbledore déversant de pesantes pensées dans sa Pensine (vous avez l’allitération en P ?)

Dans le monde des Moldus, ça existe aussi et ça s’appelle la méditation : observer le flot de ses pensées, sans s’y accrocher – comme le fait Harry en spectateur passif mais curieux lorsqu’il rentre dans la Pensine. En adoptant cette attitude détachée, en s’aidant par exemple de sa respiration ou en réalisant un scan corporel, le méditant prend conscience qu’il n’est pas ses pensées. Dès lors, il peut s’en détacher et retrouver le calme et la sérénité. C’est exactement ce que j’observe lorsque je vois le Professeur Dumbledore se détacher de ses pensées (sauf que lui c’est le plus puissant sorcier du monde, du coup il y arrive super vite). Nul doute selon moi qu’un mage aussi avancé ait appris à maîtriser son esprit et soit capable d’émettre des ondes thêta sur commande avec son cerveau.

2. L’incroyable pouvoir de nos croyances

Par mes pensées, je crée le monde dans lequel je vis.

Marc-Aurèle

Avez-vous déjà entendu parler de prophétie autoréalisatrice ? C’est le fait de prédire un événement et, par conséquent, de modifier son comportement, ce qui mène à la réalisation de sa prédiction. Nous faisons tous ça sans nous en rendre compte : c’est le pouvoir de nos croyances. La bonne nouvelle, c’est que cela fait de nous des magiciens puisque nous sommes les premiers créateurs de notre vie. Et donc, un changement de croyances nous mène assurément à vivre une nouvelle réalité. Voyons cela de plus près avec deux exemples éloquents.

Le premier survient à l’occasion d’une des scènes les plus angoissantes de Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, lorsque Harry et Sirius, inconscient, se retrouvent entourés de centaines de Détraqueurs. Ces derniers commencent joyeusement (ou lugubrement, je ne sais pas trop) à aspirer les âmes des deux hommes. Mais quand tout semble perdu, Harry réussit in-extremis à exécuter le plus beau sortilège de Patronus qu’il ait jamais fait, faisant ainsi fuir leurs assaillants. Comment expliquer un tel prodige dans un contexte de pure angoisse, sachant que le Patronus est un sortilège d’un niveau trop avancé pour un jeune homme de treize ans ? Eh bien Harry le dira lui-même : s’il savait qu’il allait réussir, c’est parce qu’il l’avait déjà fait. (Pour les Moldus, ce troisième tome se termine sur une boucle temporelle, où Harry a déjà été sauvé une première fois… par lui-même). L’élément déterminant a donc été la certitude pleine et entière de sa réussite. La foi est justement un ingrédient clé de la réussite, car tout le potentiel est déjà en nous. Ainsi, la formule magique de la réussite, c’est le potentiel moins les interférences (peur, doute, manque de confiance en soi, mauvaise gestion du stress…).

La puissance du Patronus de Harry

Le deuxième exemple est celui de Ron dans Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, dont les exploits en tant que gardien assurent aux Gryffondors une victoire écrasante sur les Serpentards lors d’un match décisif de Quidditch. Pourtant, durant les entraînements, Ron était plein d’interférences et laissait passer tous les buts (il a été recruté dans l’équipe parce que c’est le meilleur pote de Harry, le capitaine. Bravo la corruption). Que s’est-il passé ce jour-là ? Souvenez-vous, Harry a versé du Felix Felicis (une potion ultra-puissante qui garantit le succès dans tout) dans le jus de citrouille de Ron, juste avant le match. Ah oui donc en plus de privilégier ses potes, ça triche chez les Gryffondors ? Que nenni ! Harry a juste fait semblant de verser du Felix Felicis, mais Ron y a cru et c’est tout ce qui compte : c’est ce que l’on appelle l’effet placebo. Ce dernier est entré sur le terrain avec une foi et une confiance inébranlables, et il a joué le meilleur match de sa vie. Comme quoi, il suffit de lever ses propres blocages pour atteindre l’excellence. 💫

Pourtant, Ron avait bien mal démarré…

3. La lumière est en vous

Light can be found even in the darkest of times, if one only remembers to turn on the light.

Albus Dumbledore

C’est de loin ma citation préférée de la saga, car elle fait appel à deux émotions fondamentales selon moi : l’espoir et la foi. Plus que des émotions, je dirais que ce sont des croyances qui résultent d’un choix : celui du côté lumineux de la force (pardon, je digresse sur une autre oeuvre…). Ce combat est particulièrement bien illustré avec les Détraqueurs (rappel pour les Moldus : les Détraqueurs apportent froid, souffrance et désespoir et finissent par aspirer votre âme) et les Patronus (personnifications animales de la lumière, la chaleur, l’amour et la joie qui résident en chacun de nous). Or, pour faire fuir un Détraqueur (qui représente symboliquement tout élément nuisible et destructeur), le sorcier doit faire appel à ce qu’il y a de plus beau en lui pour exécuter le sortilège du Patronus. Et en effet, pour faire disparaître les ténèbres, il suffit de mettre la lumière dessus. Alors trouvons notre lumière : une étreinte, un éclat de rire, une discussion passionnée entre amis, un bon film sous la couette, une superbe playlist accompagnée d’une danse décomplexée, une balade en pleine nature ou même en ville, une séance de sport qui nous libère de toutes les toxines… « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait ait l’ivresse » a dit Alfred de Musset !

Hermione et son Patronus

4. La peur n’est qu’une projection de l’esprit

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi.

Litanie contre la peur, Dune, Franck Herbert

Encore une digression sur une autre oeuvre, mais j’adore cette citation. La peur est une croyance, un état interne qui conditionne notre perception et notre interprétation de la réalité (bien qu’elle soit très utile en cas de danger imminent !). J.K.Rowling l’illustre à la perfection avec l’Épouvantard, cette créature qui se cache dans les placards et qui prend la forme de notre plus grande peur quand elle en sort. Sa forme est donc conditionnée par l’observateur… qui ne lui offre que l’emprise qu’il veut bien lui accorder. D’ailleurs, le remède enseigné par le très talentueux professeur Lupin est le rire ! Eh oui, pour mettre un Épouvantard en difficulté, rien de tel qu’un bon gros éclat de rire, accompagné de la formule magique « Riddikulus ! ». Soit dit en passant, le rire est reconnu comme une excellente thérapie contre le stress, une sous-catégorie de la peur. Le professeur Lupin nous apprend également que le chocolat, sûrement grâce à son apport en magnésium, est d’une aide précieuse pour se remettre d’une émotion forte. Alors si vous vous sentez anxieux.se ou angoissé.e, la formule magique est la suivante : une bonne comédie accompagnée de quelques carrés de chocolat noir, bien au chaud sous la couette !

L’Épouvantard prenant la forme du professeur Rogue pour Neville, avant d’être riddikulisé

Petite parenthèse sur la peur : selon le professeur Dumbledore, notre plus grande peur est celle de l’inconnu. C’est pour cela que Voldemort cache l’un de ses précieux horcruxes dans une cave sombre (le noir fait peur car on ne sait pas ce qui s’y cache) et infestée de zombies (la mort est la grande inconnue à laquelle nul n’échappe). Toutefois, il nous est possible de repousser les limites de notre peur en sortant de notre fameuse zone de confort, pour explorer l’inconnu. Cela peut être essayer une nouvelle activité, visiter un nouveau lieu, tester un nouveau plat au restaurant, discuter avec de nouvelles personnes… L’idéal étant d’inclure au moins deux à trois nouveautés chaque année dans sa vie. Alors, défi relevé ?

5. Ne vous laissez pas manipuler !

Vous souvenez-vous de ce qui a entraîné la mort de Sirius Black ? Voldemort a pénétré l’esprit de Harry et y a injecté de fausses visions, menant ainsi toute l’Armée de Dumbledore droit dans la gueule du loup. Quelle naïveté, n’est-ce pas ? Et pourtant, nul besoin d’avoir le front marqué d’une cicatrice en forme d’éclair pour être susceptible de se laisser abuser de la sorte. Dans le monde des Moldus aussi, certaines personnes ont de mauvaises intentions (volonté de nuire, d’utiliser autrui, de se sentir supérieur.e…). Mais l’ennemi peut aussi bien être en nous : j’ai nommé les biais cognitifs. Par exemple, si Voldemort parvient à leurrer Harry si facilement, c’est que la vision qu’il envoie vient confirmer une hypothèse que Harry avait déjà à l’esprit : on parle alors de biais de confirmation, qui favorise les informations allant dans le sens de ses idées.

Fred et George Weasley

Dans le monde des sorciers, l’occlumancie permet de protéger son esprit des attaques extérieures. Pour la transposer à notre vie quotidienne, je dirais qu’il faut tâcher de systématiquement questionner toute affirmation (extérieure comme intérieure), d’aiguiser son esprit critique et de varier ses sources. Mais aussi, de ne pas laisser n’importe qui vous influencer : cette personne vous semble-t-elle de confiance ? ✅ Trouvez-vous que ses valeurs soient belles ? ✅ Est-elle congruente (ses paroles et ses actes sont-ils cohérents) ? ✅ Tente-t-elle d’imposer une influence d’une quelconque manière sur vous ? ❌ Vous sentez-vous mal sans savoir pourquoi en sa présence ou après l’avoir quitté.e ? ❌ Des proches de confiance vous mettent-ils en garde contre lui/elle ? ❌

6. Les apparences sont trompeuses

Last, but not least, la dernière leçon que je souhaite partager dans cet article est que l’habit ne fait pas le moine. Cet adage est parfaitement illustré par l’émouvante histoire du professeur Rogue (on dirait un titre de roman, vous ne trouvez pas ?). Personnage détestable des tomes 1 à 6 et responsable aux yeux de tous de la mort du professeur Dumbledore, Rogue se révèle être un homme de parole et de confiance, qui éprouve de manière pure et inconditionnelle la force la plus puissante du monde des sorciers : l’amour. Non seulement nous découvrons, ébahis, un héros capable d’une incroyable abnégation (il s’est quand même mis tout son camp à dos afin d’assurer – et avec quel brio ! – son rôle d’agent double), mais aussi et surtout un homme sensible, courageux et loyal (ce ne seraient pas les qualités d’un Gryffondor refoulé, ça ?). Bon et parce que je suis trop fan de lui, je tiens à préciser que le professeur Rogue est un sorcier très doué, virtuose des potions et des sortilèges.

Severus pleurant la perte de sa chère Lilly

Alors certes, il aurait besoin d’un petit relooking, de trouver enfin un shampoing adapté à sa nature de cheveux, de faire le plein de vitamine D à la plage et de suivre un stage de thérapie par le rire (😂 vous imaginez Rogue dans un tel environnement ?), mais son personnage est le plus beau plot twist de la saga ! (Et puis, s’il avait un autre style, on l’aimerait moins, pas vrai ?). Bien sûr, au-delà des apparences, c’est l’attitude du professeur Rogue que nous trouvons détestable pendant cinq longues années de souffrance dans les cachots de son cours de potion. Mais les leçons d’occlumancie qu’il dispense à Harry nous révèlent un jeune homme en souffrance, constamment humilié et rejeté. Qu’est donc le personnage qu’il s’est forgé, si ce n’est un rempart de protection ? C’est sur ces dernières considérations que je souhaite inviter chacun d’entre nous (moi la première) à adopter une attitude de compassion face aux personnes désagréables (pour ne pas les nommer autrement). Car, comme le disait Victor Hugo, « n’insultez jamais une femme (ou un homme) qui tombe. Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe ! ».

Alors les sceptiques qui avez survécu à cette lecture, pensez-vous toujours que Harry Potter est une saga pour enfants ? 😉

6 réflexions sur “6 leçons de développement personnel enseignées dans Harry Potter ⚡️

  1. Bravo, Florence, pour cet article !
    Je retrouve avec plaisir ton style, à la fois posé et rempli d’émotions.
    Et, oh combien tu as raison ! La saga Harry Potter est bien plus qu’un livre pour enfants et les adultes peuvent bien y retrouver des leçons de vie. Certains vont jusqu’à affirmer que les livres ont inspiré la génération américaine qui a porté Barak Obama à la présidence des Etats-Unis !
    Même JJ Abrahams a rendu un hommage à JK Rowling en adaptant la fin de Harry Potter pour terminer la saga Star Wars 😊

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